Hadopi 2 a été adopté et devait l'être. On ne pouvait laisser indéfiniment et impunément le téléchargement gratuit proliférer. A cela, je serai tenté de faire 5 remarques :
- dans le téléchargement gratuit il ne s'agit souvent que de "copies privées", c'est à dire de personnes qui se donnent le luxe d'avoir des mp3 et des vidéos dont elles n'auraient pas acheté l'original de toute manière. avec le côté pratique du tout fait chez soi en plus.
- le prix du disque : je pense que les gens sont encore prêts à acheter des CDs si il y a au moins 5 titres qu'ils aiment dessus. Pour ceux qui ne se vendent pas, les gens en ont marre de payer 15€ pour 1 seul titre bien.
- il faut trouver de nouvelles ressources : en mettant une taxe à chaque abonnement internet par exemple.
- les artistes vont autant avoir besoin de promotion pour ressortir d'internet que des bacs des disquaires, ce qui inexorablement engendre des coûts.
- il faut trouver une solution quant à la diffusion : d'abord élargir les système des play-lists sur les radios (c'est quand même elles qui font vendre des disques pour l'instant), reprendre la loi des 40% et les obliger à passer au moins 20% de nouveaux artistes.
La loi Hadopi était uniquement intéressante dans le sens où c'était une rare mesure pour contrer efficacement le piratage.
Mais il ne faut pas se leurrer les maisons de disques (majors en tête) paient 2 erreurs : ne pas avoir cru à l'internet montant au début des années 2000, et avoir privilégié le marketing au détriment de l'artistique dans les années 90. Vendre des disques oui il le faut, mais comme toute société commerciale, ils ont dépassé le seuil d'abus.
Aujourd'hui le disque s'efface et à part des concerts, personne ne sait pour l'instant sur quoi vont bien pouvoir reposer les nouvelles rémunérations du système.
Puisque la loi s'essouffle à rattraper l'usage...
Ne se trouve-t-on pas dans un contexte international où une loi française ne peut pas être d'ampleur pour proposer un cadre à l'usage ?
La réponse n'est-elle pas directement dans la norme européenne ?
Les FAI ne sont-ils pas ceux qui devraient être en capacité (parce que contraints légalement) de vérifier que les contenus qu'ils diffusent sont bien légaux ?
Le marquage des oeuvres permettrait de savoir qui doit toucher quoi et que peut-on faire avec chacune de ces oeuvres...
La Quadrature du net a proposé de faire un travail de vérification des signatures de la pétition Sacem pro-hadopi, plusieurs signatures s'étant avérées douteuses voir mensongères. Si vous avez un peu de temps passez sur la page wiki pour participer au travail
http://www.laquadrature.net/wiki/Liste_artistes_signataires_petition_sacem
Toute les bonnes volontés sont bien venues.
Le Chapelier dans son rapport préalable à l'adoption du décret de janvier 1791 évoque déjà les "pirates", mais il s'agit alors des théâtres ou des éditeurs qui veulent se parer des plumes du paon (l'auteur). Idem pour Lakanal avant le décret de 1793 sur le droit de reproduction qui évoque les "corsaires littéraires"
"Le peer to peer n'est pas légal", je ne suis pas d'accord, ne confondons pas par métonymie le verre avec le liquide. La question est surtout celle de la mise à disposition, puisque celle du téléchargement peut être résolue avec la copie privée. Le peer to peer d'oeuvres protégées peut-être légal, si les titulaires de droit le veulent bien ou s'ils ne sont plus protégés.
Merci pour ton blog
Cette loi Hadopi a, en l'état des débats, bien des faiblesses juridiques et techniques, et il est probable qu'à l'instar de la précédente mouture DADVSI, elle ne soit jamais vraiment appliquée. Néanmoins, elle a un bienfait évident, c'est qu'elle pousse nombre de praticiens, de politiques et d'usagers d'internet à se poser la question : que faut-il faire face à cette nouvelle donne ? Je rencontre beaucoup de gens à ce sujet, et force est de constater qu'à mes yeux, personne n'a trouvé de réponse pertinente à ce défit. Le chantier est donc ouvert, et c'est un des atouts d'internet que l'on puisse y travailler ensemble, via ce blog et sur de nombreux sites.
PS : Et si vous trouvez que je ne réponds pas entièrement à vos questions, c'est qu'elles sont trop pertinentes pour être épuisées en quelques lignes. Il faudra revenir sur le blog ;-)
Et qui est-ce qui va payer le prix, les dizaines de millions d’euros? Les internautes bien sur, car les FAI vont augmenter les prix, sous prétexte que la loi HADOPI leur coute trop chère.
Pas tous les jours qu'un éditeur défend ce point de vue, et c'est sans doute bien vrai que les internautes iront plus vite que toute administration.
Bienvenu à la blogobert! Bye
Pour autant avez-vous des préconisations à apporter, si ce n'est pour stopper le piratage, (ce qui est cause perdue), mais qui permettraient de l'endiguer ? Au final je pense que c'est le bien fondée de cette loi.
Piratage freiné, déverrouillage des systèmes propriétaires, loi, nous conduirons peut-être vers une offre digitale attractive ou les indépendants aurait une place ?
En ce qui concerne la Musique, l'Oeuvre, pensez-vous que les FAI sont des accélérateurs de dévalorisation des usurpateurs transformant la musique en produit d'appel ?
Enfin, comment selon vous, faut-il redonner de la valeur à la musique ?
Peut-être que les musiques actuelles et son secteur se dirigent vers un système identique à celui du jazz et des musiques savantes à savoir le modèle sous perfusion...